9 mars 2009

Peluches

Bonjour à tous !

Suite à une conversation MSN de haute volée intellectuelle avec Grouf, j’ai fait le pari débile de faire du thème de mon prochain article : « les peluches »

Oui, vous êtes bien sur un blog culturel.


Une image pour illustrer les peluches dans un blog scientifique. Je me suis toujours demandé comment j'allais la caser celle-là.


Ayant quand même une réputation à tenir (si, si) je me suis renseigné sur le sujet, beaucoup lu de forums scientifiques, de sites de psychologues, de Skyblogs sur les peluches (ce fût la partie la plus difficile), je suis fier de pouvoir enfin coucher par écrit le fruit de mes recherches acharnées.
Faut pas croire, mais après avoir longuement travaillé sur le sujet je suis formel : les peluches, ça poutre grave.

Allez, on commence comme d’hab avec une bonne vieille définition :
Peluche : La peluche ou doudou est un jouet représentant un personnage, fait de textile rembourré et ayant un toucher semblable à du duvet ou de la fourrure. (wikipedia)



Un raton-laveur écrasé en peluche? Facile. (Et merci à la team de 42 pour le tuyau)


Hormis le fait que c’est « trop mimiiiiii », « tout kawaïïïïï », « krokromeugnoooon !!!! » (à prononcer avec une voix stridente, propos recueillis auprès de quelques amies après leur avoir montré quelques photos du troupeau en peluche de Grouf), les peluches sont en général très douces au toucher, et appartiennent en moyenne à un enfant de 0 à 15 ans (spécialement auprès des sujets femelles).
Mais il existe des exceptions : certains sujets continuent à collectionner les peluches bien après l’adolescence.

Déjà, pourquoi on s’attache autant à ces bouts de chiffons crasseux, à la base ?
Quand on est tout petit bébé (entre 4 mois et 1 an), nous avons besoin d’un « objet transitionnel » pour pouvoir passer en douceur au stade ou on peut supporter sans hurler l’absence temporaire de Maman. (le Dieu Ultime (ou plutôt la déesse (la vache, je me demande combien de parenthèses je vais bien pouvoir caser ici (ah, on me signale à l’oreillette que ça amuse personne (désolé)))))
Ben oui, parce qu’au début c’est magique : on gueule et hop, un mamelon / une tétine appétissant(e) apparaît et nous nourrit; on râle et hop, un peu de chaleur et une chanson rassurante. Les parents (et surtout maman en fait) sont là pour protéger bébé contre toutes les expériences angoissantes. D’ailleurs c’est tellement magique que le bébé n’a même pas vraiment conscience que lui et sa mère font 2 personnes séparées et distinctes.


Oui, c'est un zombie en peluche. On comprend pourquoi certains gosses ont peur du noir.


Le petit bout de chou va peu à peu se rendre compte de la terrible réalité extérieure : il dépend essentiellement de Maman (Et de Papa, un peu. Bon, en général il s’en fout mais c’est pour sauver mon honneur de mâle que je dis ça), et ça l’angoisse le lardon, surtout quand Maman s’en va dans l’univers terrifiant et inconnu de la pièce d’à côté.
Et là, magie, miracle, son regard va tomber sur un bout de chiffon informe et boursoufflé représentant vaguement un animal quelconque mais qui sent bon, avec de bonnes odeurs rassurantes et tout doux à frotter contre la joue, qui va pouvoir servir de compensation affective toute mignonne et l’aider à se détacher de la présence de sa mère.


Ah zut, désolé, celui-là c'est un vrai.


Plus tard, les peluches restent un symbole affectif profond, liant l’enfant en nous et ses doux souvenirs plein de douceur ou on nous écoutait, nous chouchoutait…
Hé oui, le plus souvent les peluches à l’adolescence représentent une nostalgie, une carence affective. Les sensations rassurantes au toucher et les odeurs que l’on à tant aimées permettent de lutter contre l’angoisse (de type dépressive en général) en s’imaginant que la présence de la peluche permet de ne plus ressentir ce manque, ce sentiment d’être seul.
La solitude, surtout au niveau affectif, est une frustration qui hélas doit être subie et acceptée afin de construire normalement notre psyché, et toutes mignonnes qu’elles soient, quand les peluches deviennent une compensation à un manque affectif, cela peut vouloir dire que l’on assume mal notre solitude. C’est assez courant chez les hypersensibles (et les artistes…. *soupir*).


Un étron en peluche. Un peu de poésie dans ce monde de brutes.


Bon, je dis ça mais ça peut aussi tout simplement vouloir dire qu’on à un gout de merde et qu’on est trop jeune pour avoir un blog (Trop de skyblogs nuit à la santé mentale), et avoir des peluches ne signifie pas forcément être dépressif : c’est normal d’être un peu nostalgique en gardant quelques souvenirs d’enfance, et en gardant un Kiki, (le plus Kiki de tout les Kikis !), une micro-machine ou un Luminou dans un tiroir ou sur une étagère.

Et pis, franchement, parler de solitude et de manque affectif c’est bien joli et ca fait trop genre « chui un super psy qui sait trop bien faire les résumés des articles qu’il lit » mais en réalité la solitude est de plus en plus présente autour de moi, résultante d’une société qui force les gens à se renfermer sur eux-mêmes pour se protéger mentalement d’un système toujours plus agressif.

Je vois souvent des gens seuls, même en groupe, car l’inverse de la solitude, mes amis, ce n’est pas la foule, c’est le partage.
Et ils sont rares les gens qui partagent : en général de nos jours ils prennent ou nous utilisent.


Heureusement il y a Caillou, la quintessence ultime de chaque atome de peluche dans toute sa puissance. Merci Grouf d'honorer mon blog avec une image de ce calibre.


Et on sait très bien que nos gentilles peluches sont parfois les seules à pouvoir nous écouter en silence, être là dans notre lit à nous tenir chaud, nous donner un peu de douceur sans rien attendre en retour.

Et on grandit, on apprend à ne plus croire en rien, ne plus aimer que soi-même et on range ses peluches au placard.
Mais parfois cette tendresse, un jour, on la trouve pour de vrai. Alors on la chérit, on la garde tout contre soi, on la serre très fort pour oublier nos cauchemars et notre futur incertain. Elle est notre rayon de soleil, même si demain on sait qu’il pleuvra.
Avec de la chance on fait sa vie avec, sinon on la regarde s’en aller la larme à l’œil en retournant à ses peluches.
Ou à sa déprime.

Je regardais mon fils jouer tout à l’heure, avec son doudou.

Il en a de la chance.

3 mars 2009

Vulgarisation

Bonjour !

La situation dans mon petit bout d’île s’étant grandement améliorée (oui, nous ne croisons plus de carcasses fumantes sur les routes autour de déchets en feu, tout en esquivant les balles, c’est vraiment relaxant), je profite de mes quelques premiers jours de reprise du travail pour écrire un nouvel article pour mon blogounet, et bien sûr en priorité pour toi, ami lecteur.
[Mode suçage-de-boules-j’ai-grave-besoin-de-coms-pitié-venez-sur-mon-blog ON]


Mon poste de travail.


Je sais, le taff c’est pas fait pour écrire des articles de blog, mais bon, j’ai jamais dit que le public était au rendez-vous, j’ai juste dit qu’on avait repris le travail.
Bref, le thème du jour est…
*roulement de tambours* …
… suspense …
*Viens de se rendre compte qu’il y a le titre marqué en haut de l’article*
… bon, ok, je vais parler aujourd’hui de la vulgarisation scientifique.

Je suis parfaitement conscient qu’avec un titre pareil je viens de perdre 90% des lecteurs de blogs lambda d’un coup, et que le peu de lecteurs restants retiennent déjà par politesse un bâillement d’ennui.
Ben justement, c’est ça qui me gêne, parce que moi j’aime bien.
La vulgarisation scientifique, faut dire, ca rappelle pas mal l’école. Et pas qu’en bien.
Mais bon, pour rester dans la droite ligne éditoriale de ce blog (ah tient, y’en à une ?) je vais commencer par bien expliciter ce qu’est la vulgarisation.



Vulgariser, c’est simplifier. Trouver des « images », des exemples qui permettent d’appréhender plus facilement certaines équations physiques ou concepts mathématiques.
Par exemple, vous avez tous appris que la lumière est une onde, et que le noyau d’un atome est comme des petites boules collées (les neutrons et les protons) autour duquel gravitent des électrons, comme des petits satellites.
Cela a le double avantage de trouver du boulot à des gens comme moi (faut les dessiner les petits schémas, héhé), et de permettre à des enfants ou des ados de s’intéresser de façons assez simple à des concepts qui peuvent faire se réveiller en sueur après des cauchemars atroces certains étudiants en physique à la FAC.



Mais… vous pensez vraiment que l’on peut ainsi résumer des concepts aussi puissants de façon aussi simple sans les dénaturer ?
Hé ben pas toujours, et puisque notre formation scientifique s’arrête souvent à la vulgarisation, y’a des choses assez étonnantes à découvrir… et pas mal d’idées fausses qui circulent.



Pour en revenir sur notre exemple de l’atome, saviez vous que… :
- Le noyau est immensément petit par rapport à l’atome. Si le noyau faisait 1mm de large, l’atome en proportion ferait 100m de large.
- Un électron ne gravite pas autour d’un atome, en fait sa trajectoire est presque aléatoire, on peut juste calculer les « orbites » ou l’on a le plus de chances statistiquement de trouver un électron. Imaginez même que la probabilité de trouver un électron dans le noyau est très faible… mais non nulle !
Bref, des tas de représentations mentales, pourtant très solides et ancrées en nous s’effondrent quand on est confrontés à la réalité des maths.


Déjà que personne ne me lit, je serais curieux de savoir combien de mes lecteurs auront compris la blague


Parce que oui, désolé pour les traumatisés mathématiques parmi vous, mais les maths sont la seule approximation du réel qui soit suffisamment précise pour qu’on puisse s’y appuyer pour envoyer en orbite une sonde autour d’un satellite de Saturne, à 1 milliard 360 millions de km de nous.

Et c’est le piège ! Je visite beaucoup de sites web bourrés de mecs pas cons et imaginatifs qui croient malheureusement qu’une théorie physique peut se résumer à l’approximation imagée qu’on leur à apprise ou qu’ils ont lu sur science et vie.
Du coup ils pensent que les maths ne sont là que pour donner des valeurs chiffrées précises à leurs expériences de pensée et que l’on peut raisonner sur des sujets aussi complexes grâce à des petits schémas, et construisent allègrement des machines pour réaliser des tunnels pour voyager dans le temps, des extracteurs d’énergie des fluctuations quantiques du vide (si si, je vous jure), et qui s’interrogent : « mais finalement, ils glandent rien ces scientifiques dogmatiques qui refusent de voir des trucs aussi simples, ou alors ce sont les groupes pétroliers/les gouvernements qui font pression pour nous maintenir dans l’ignorance ! »



Hé oui, le danger quand les théories sont vulgarisées, c’est que du coup elles sont simplifiées, voire même simplistes. Certains problèmes majeurs ne sont même pas mentionnés (ca n’intéresserait personne de toutes les façons), certaines propriétés physiques très dures à imaginer sont presque passées sous silence (Saviez-vous que dans l'espace dont la température moyenne est de -270°C il existe des nuages de gaz pouvant atteindre des millions de degrés?) et du coup on peut lire sur le web : « mais finalement c’est simple la relativité générale/la physique quantique/la théorie des supercordes/les trous noirs/la psyché féminine » (rayer les mentions inutiles)

En fait, le gros problème de l’homme, c’est qu’il s’imagine que forcément la nature n’est pas plus complexe que les limites de son imagination.
Si on arrive pas à s’imaginer un truc, c’est forcément faux, ou impossible.


Vous pouvez vous imaginer, vous, que ceci est le résultat d'une explosion titanesque qui a brillé plusieurs millions de fois plus que le soleil? Et qu'en son centre trône un pulsar, véritable concentré de matière?


Et pourtant…

Pourtant l’univers est composé de 70.000.000.000.000.000.000.000 étoiles, répandues dans environ 100.000.000.000 galaxies,
pourtant le temps n’existe pas pour un photon voyageant à la vitesse de la lumière,
pourtant en physique quantique la probabilité qu’un atome soit à deux endroits en même temps n’est pas nulle,
pourtant il n’existe pas de centre de l’univers, le « big bang » ayant eu lieu en tout endroit de l’univers en même temps,
pourtant la lumière est une onde ET une particule (le photon) le tout en même temps...

Et y’a quelques siècles, on pensait que la terre était plate.

Comme à dit Galilée : « Et pourtant, elle tourne. »



Continuez à vous cultiver, à apprendre, à comprendre, ayez des idées, n’ayez pas peur, mais ne raisonnez pas sur des bases fausses. La vulgarisation scientifique nous permet d’approcher les limites sublimes de la nature en nous faisant profiter des études des plus brillants scientifiques de la planète, mais sachons rester humbles.
C’est déjà assez dur comme ça de réfléchir… Et ça passe pas toujours pour très gratifiant. (cf. mon article sur les « intellos »)

Aller, au revoir, à la prochaine !

17 février 2009

(G)rêve

Bonjour tout le monde.


Je sais, je sais... je suis une loque humaine, je n'ai pas mis mon blog à jour de puis 1 mois, ect.

Ok, c'est vrai. Mais je vais vous raconter la petite histoire de mon petit bout d'île, et de son actualité vue par mes yeux, et je suis sûr que vous me comprendrez.
Je vous le dit déjà, si vous attendiez une mise à jour comique, vous pouvez cliquer sur d’autres blogs, parce que là ça va être du sérieux.

Bon, maintenant que c’est dit j’espère encore avoir quelques lecteurs.

Et puis, que celui qui n’a jamais eu la flemme me jette le premier parpaing, hein à la fin.


*Bûnk*


Mééheuu…

Allez, lisez, et forgez-vous une opinion, j’essayerai de rester neutre autant que faire se peut.

Le 19 Janvier 2009, un collectif de tout plein de syndicats et d’associations, le LKP (Lyannaj Kont Pwofitasyon : en créole le Collectif Contre l’Exploitation) appelle à la grève générale. Le mouvement est assez suivi au début, car la cause affichée est populaire : la lutte contre la vie chère.
Entre autre, puisque la liste énorme des revendications dépasse allègrement la centaine. Au début, on ne sait même pas combien… 126, 145… ce qui est évident est que : ou le malaise social est très grave, ou le collectif se fout de la gueule du monde. Manque de bol pour le préfet, c’est pas la seconde solution.

En parallèle, les stations essence sont en grève aussi. Motif ? double : une protestation contre les pompes automatiques qui rapportent plus, coutent moins que des employés et commencent à être utilisées ici en Guadeloupe… Pas évident du coup de créer des emplois quand les machines nous remplacent. L’autre raison est de limiter l’implantation de nouvelles stations-services en Guadeloupe. Et là je suis dubitatif : même si le marché est limité et déjà bien exploité, on est quand même libres d’ouvrir une boutique si on veut… On appelle ca le libre marché. Mais bon, je ne suis qu’un humble infographiste, j’avoue ne pas toujours tout comprendre.



Du coup, certaines négociations trainent, des manifs se forment, et la mobilisation est énorme ! Des dizaines de milliers de gens sortent dans la rue pour exprimer leur mécontentement. Rappel : nous sommes 450.000 habitants en Guadeloupe. Alors forcément, 60.000 personnes dans les rues, c’est quand même un sacré score.

Personnellement, je m’organise. J’achète de l’eau en bouteille, beaucoup de pâtes/riz et des conserves, au cas où. L’avenir me donnera raison. Déjà j’ai quelques clients qui annulent, le mois ne sera pas faste. Je roule à 70 pour économiser l’essence. Heuresement que j'ai pas une grosse bagnole.



Le premier souci qui commence à se dessiner alors, c’est le porte-parole de ce collectif baptisé le LKP : un syndicat nommé UGTG, célèbre en guadeloupe pour ses méthodes violentes et expéditives et un discours fleurtant parfois avec le racisme (même si ils s’en défendent) et souvent indépendantiste. Pour vous dire, dans certains conflits le fait même de menacer de faire appel à eux (et donc de tout voire péter dans un délai très bref) est souvent un argument de taille pour la bonne tenue les négociations.
Le fait est qu’ils sont efficaces, je l’admets : tu seras toujours plus enclin à négocier avec un tueur armé d’une mitrailleuse lourde qu’avec un intello boutonneux.




Mais là, ils sont quand même le porte-parole de toute une population…
Déjà, ca s’engageait mal, j’avoue ne pas avoir eu confiance.

Le préfet commence d’abord par tester l’implication de la population dans le mouvement : erreur bonhomme, ici le problème est vraiment grave.
Il faut savoir qu’ici le SMIC est le même qu’en métropole mais il y a plus de 30% de chômage, et l’alimentaire est hors de prix : un paquet de pâtes alimentaires 500g premier prix coute environ 2.50€ (l’autre jour avec ma femme on a même vu un paquet de chips premier prix à 8€…) Les services de l’état (ASSEDICs, ANPE, etc) sont d’une inefficacité flagrante, la Justice est figurative et s’attaque presque exclusivement aux petits bourgeois fraudeurs et aux jeunes délinquants de rues. Les mauvais payeurs sont très courants, les petites entreprises écrasées par les taxes comme leur homologues métropolitaines, mais… avec quelques avantages en moins. Je connais personnellement un ami qui attend toujours 2 ans plus tard sont PIJ et son aide à la création d’entreprise. Pas vrai Tino ?

Par contre, tout les fonctionnaires, eux, ont 40% de salaire en plus, justement parceque la vie y est sensé être plus chère en Guadeloupe.
Paradoxal ? Nous ne sommes plus à une contradiction près, aux antilles.



Hé ouais, la Guadeloupe n’est pas une plage géante peuplée d’indigènes fainéants qui dorment sur les hamacs.
Survivre y est facile, Vivre y est plus dur, et travailler y est atroce.

La grève devient à peine tenable : bloqué à la maison sans essence, sans pouvoir aller voir des amis ni aller travailler, bébé pête les plombs, papa stresse de voir ses clients annuler leurs commandes à un rythme alarmant, et maman fait en sorte que personne ne devienne fou. Déjà, un voisin se fait piquer sa moto, on regarde avec amertume les inévitables petits cons caillasser les pompiers aux infos et braquer les enfants du quartier, et je me fais insulter dans la rue, rapport à ma couleur de peau. Bah, des connards, y’en a partout… mais là ca commence à faire beaucoup.



Et, cerise sur le gâteau, Canal+ passe un reportage sur… les békés. Pile au bon moment.
Qui sont les békés ? Tout simplement les descendants des colons esclavagistes blancs envoyés aux antilles à l’époque pour faire travailler les esclaves noirs dans leurs plantations, très à cheval pour la plupart sur leur « pureté de race », en général martiniquais mais rayonnant sur toutes les antilles françaises, et possédant en vrac 40% des terres agricoles en martinique, 60% des supermarchés, 90% de l’agroalimentaire, les importations/exportations, etc.
En gros ce sont de gros nantis blancs racistes (heureusement pas tous), qui s’engraissent pour préserver leur empire économique colonial, et qui plus est copains comme cochons avec le gouvernement.

Non seulement ce sont vraiment des gens vraiment haïssables, mais leur couleur de peau blanche et leur racisme anti-noirs en fait des cibles de rêve pour une population essentiellement noire et métissée qui cherche des explications et des coupables à sa situation déplorable.



Deuxième, troisième semaine de négociations… pour la première fois de notre histoire, elles se déroulent en compagnie des médias, dans une salle réunissant TOUT les principaux partenaires : sociaux, privés, représentants de l’état, élus, patronat… tout le monde est présent dans la salle. Et c’est un sacré bordel.

- L’état français accumule les erreurs : menaces (surtout pas contre l’UGTG malheureux !), manque de courtoisie (et hop le chargé d’état qui se barre en avion sans avoir prévenu les 150 personnes avec qui il à une réunion le lendemain), phrases creuses et langue de bois (en créole on est très directs, certains prennent même cela pour de l’agressivité, mais au moins on tourne pas autour du pot), promesses non tenues, bref une horreur. Jusqu’au désengagement final de l’état qui nous demande de nous démerder tout seuls sur certains points de revendication. C’est clair que c’est super efficace comme méthode si l’objectif à court terme est une guerre civile.

- L’UGTG n’est pas en reste, question conneries elle se pose là, aussi : déclarations à connotation racistes (heureusement que dans la population on sait décrypter, et son sait à qui ca s’adresse, que l’objectif est de montrer une discrimination… mais c’est dit de façon tellement maladroite… et ca arrange pas le climat social), fermeture systématique sous la pression et la menace des magasins et des commerces, alors que beaucoup de petites entreprises, d’artisans ou d’indépendants ne peuvent se permettre de ne rien branler pendant 3 semaines… et tout ca au nom des travailleurs (ah, ah), appel à la violence (le porte parole Elie DOMOTA déclarait sur une chaine locale : si un seul membre du LKP est blessé dans le cadre des manifestations il y aura des morts), bref la tactique habituelle de l’UGTG, mais cette-fois ci pour une cause juste et partagée par la majorité de la population.


Fig.1 : le fouteur de bordel


Après, y’a le fond et la forme, et beaucoup de gens admettent que les méthodes sont parfois abusées, mais soutiennent le mouvement malgré tout. Devenue une icône du combat contre le méchant état Français et les blancs békés profiteurs, Elie DOMOTA devient un personnage médiatique incontournable, et apprends vite des ses erreurs, limitant le nombre de ses bourdes, heureusement pour la paix civile en Guadeloupe.

- Les élus sont dépassés, mous, hypocrites et démagos : certains élus UMP veulent descendre dans la rue pour gueuler (ah, ah) parce que le peuple y est aussi, d’autres essayent de récupérer un peu d’électorat à coup de déclarations pompeuses, d’autres encore défendent comme ils peuvent leur politique d’inactivité totale pendant leur mandat. Comique, mais un peu triste quand même. Un peu comme on peut être attendri devant un chiot pouilleux et famélique.

- Le patronat est en vacance ou peu représenté, les petits patrons (TPE et PME) complètement oubliés, les propositions faites sont faibles, et quand bien même le MEDEF local fait preuve d’initiative et de bonne volonté, Matignon leur refuse tout net. Youpi…



Et là on en est à la cinquième semaine de grève. Tout mes clients ont annulé sauf un, je ne pourrais pas payer mon loyer le mois prochain, ni même les charges de ma société que j’ai en retard pour ce mois-ci. Heureusement que je n’au aucun salarié, et que mon fils à pas l’âge d’aller à l’école, ca lui évitera d’avoir à rattraper 1 mois de glandouille. J’ai déjà 3 potes qui sont au chômage, mais j’ai réussi à faire de l’essence (en trichant un peu… merci Cyann). Ce matin la police à commencé à cogner les manifestants (c’est déjà miraculeux qu’on ai attendu aussi longtemps) et tiré des lacrymos dans les rues. C’est dommage, on peut reprocher pas mal de trucs au LKP, mais jusqu’ici ils étaient restés pacifiques.
Jusqu’ici.
Ce soir, Pointe-à-Pitre brûle.
L’économie est en ruines, beaucoup d’étals des magasins sont vides, on achète des légumes locaux au marché et on mange moins de viande, plus bio, plus local. C’est déjà ca.
On regarde à la maison d’un œil amusé les journalistes, les syndicalistes, les politiciens manipuler les foules, en mangeant notre salade de légumes aux 20 heures.
Et je continue à me faire traiter de sale blanc, et je continue à le prendre avec philosophie, parce que je sais qu’un fond je ne suis pas visé… même si ca me fait mal, à chaque fois.



Et je continue d’essayer d’aller travailler, parce que je n’ai pas le choix, parce que mon fils et ma femme n’ont que moi pour les nourrir, et ce n’est pas une question de politique.

Et je continue à soutenir ce mouvement parce que j’en ai marre de faire survivre ma famille et que j’aimerais bien pouvoir vivre un peu, et je continue à dénoncer les excès des uns et des autres, qu’ils soient syndicalistes ou politiciens, parce que j’ai toujours un esprit critique.

Et je continue à regarder d’un œil de plus en plus fatigué les luttes de pouvoir, les tensions, la haine, la souffrance, les manipulations, la bêtise, l’inhumanité d’un système poussé jusqu’au grotesque, et mes rêves, toujours mes précieux rêves, sombrer.

Et je regarde mon fils.

Et j’ai honte du monde que je lui laisse.

14 janvier 2009

Créationnisme

Salut à tous ! Je vous ai manqué ? Non ? Bon, ok…
Bonne année quand même, vœux, bonheur, pognon, etc.
Les fêtes se sont bien déroulées pour moi, d’où mon long silence. J’avais besoin de prendre des vacances, du repos, un besoin vraiment vital.
Bon, partant du principe que vous n’en avez rien à péter, je vais enfin pouvoir vous faire subir de nouveau ma prose douloureuse.

Le sujet du jour… bon, de la semaine, c’est le Créationnisme.

Loin de moi l'idée de me faire des ennemis auprès de mes lecteurs croyants, d'ailleurs je n'attaque pas la religion, juste certaines personnes qui essayent de retourner des arguments pseudos-scientifiques pour prouver leurs théories fumeuses.
Je respecte les croyants de tout bords, et suis convaincu qu'on peut concillier science et religion... avec un peu d'esprit critique.



En effet j’ai pas mal vu ce sujet traité dans de bons blogs que je fréquente (Nioutaik, Paul Binocle, etc.) et je me suis dit qu’il me fallait exprimer mon opinion sur le sujet, de façon au moins aussi approfondie.

Tout d’abord, quelques rappels (chiants à mourir, si vous savez déjà ce qu’est le créationnisme et la théorie de l’évolution vous pouvez sauter) :

- Le créationnisme est un mouvement de pensée prônant une création du monde (tout l’univers connu) en 7 jours par Dieu (une entité supérieure/divine) comme le disent exactement les écrits saints, et date la création de la terre à l’an -6000 environ. Ils s’opposent directement à la théorie de l’évolution des espèces.

- La théorie de l’évolution des espèces, fût modélisée par Charles Darwin en 1859 et explique que les espèces évoluent dans le temps en favorisant les plus adaptés à leurs milieu, et donc la transmission de leur hérédité à leur descendence à travers leur patrimoine génétique.

- L’Intelligent Design, ou Dessein Intelligent, est une thèse disant que l'on ne peut expliquer la nature et la diversité des especes vivantes que par l'intervention d'un créateur (Dieu, par exemple). L’Intelligent Design est réfuté par l’immense majorité des autorités scientifiques, et est dénoncé comme une pseudo-science d’origine strictement religieuse. (Procès de Dover, 2005)

Voilà. Maintenant que le côté chiant est passé, on va pouvoir attaquer le côté fun : les arguments et contre-arguments les plus souvent rencontrés.
Je n’attaquerais pas le développement de la théorie de l’évolution, étant moi-même une quiche en génétique (vous vous imaginez bien qu’on est pas tous un groupe de BAC+10 spécialisés en la matière), mais seulement les arguments de mauvaise foi facilement démontable.
Parceque c’est quand même plus fun, faut avouer.


A la recherche de la vérité


Aller, premier argument en défaveur de la théorie de l’évolution :

- La théorie de l’évolution, comme son nom l’indique, n’est qu’une théorie ! Elle n’est donc pas prouvée.


Aller, on commence fort avec une bonne grosse confusion des termes. On dit aussi : « Théorie de la chute des corps » pour parler de la gravitation… Je serais bien curieux qu’on remette en cause la théorie de la gravité, juste pour rire. En langage scientifique, ce qui n’est pas prouvé s’appelle une Hypothèse, une Théorie quand c’est prouvé (C'est-à-dire que l’on peut faire des expériences en labo qui confirme la théorie et encore mieux, qu’elle arrive à prédire des choses qui s'avèrent être vraies. Ca fait pas mal quand même.)

Exemple :
- La théorie de la gravité explique la rotation des planètes.
- Beaucoup d’expériences peuvent être tentées en labo par n’importe qui et confirment les équations de la gravité.
- Enfin, l’application des lois sur la gravité à permis de prédire qu’au vu des perturbations de trajectoires orbitales de Jupiter et Saturne, alors un astre massif devait exister aux coordonnées qui ont été calculées… Et paf ! Neptune fût découverte en regardant pile à cet endroit. La théorie n’a donc pas été prise en défaut.

Faut avouer, une théorie qui à passé tout ces tests, c’est quand même assez costaud.


Je sais, y'a aucun rapport, mais ca reste strictement scientifique.


- On peut expliquer par la science certains écrits, certaines prédictions de la bible, et la bible explique clairement la création du monde. (Même si Science et Religion ne font pas bon ménage)


Rhalala... mais pourquoi ça devient à la mode d'essayer d'expliquer la bible par la science? A la base la science n'est que la formalisation de phénomènes physiques et naturels observables, en gros on se pose des questions et on y répond par des preuves mathématiques et des expériences. Pourquoi essayer de prouver l'existence de Dieu alors, puisque la spiritualité est par définition opposée au matérialisme, et que la science EST matérialiste? Si il existait une preuve, une seule, alors tout le monde serait croyant. Dieu est un fantasme, un espoir, un rêve, un besoin, un concept... mais pas une réalité : Dieu est irréel.
Par définition, comment prouver l'existence de quelque chose de purement irréel?
De plus, la science n'est nullement incompatible avec la foi, beaucoup de scientifiques sont croyants, et inversement (j'ai personnellement connu un curé astronome amateur qui allait régulièrement à l'observatoire).
Le Pape Jean-Paul II à lui-même dit que la théorie de l'évolution n'était pas qu'une hypothèse (Discours à l’Académie des Sciences, 28 octobre 1986).
Prendre la Bible ou le Coran comme un livre saint qui prône amour, tolérance et hygiène de vie c'est bien, s'imaginer que ce livre est intemporel et que chaque ligne écrite il y a 2000 ans se doit d'être scrupuleusement observée sous peine de représailles divines, c'est un peu plus... limite.




- L’homme descend du singe, quand même c’est un peu gros et c’est grotesque !


Déjà, l’homme ne descend pas du singe. Le bonobo, le gorille, le chimpanzé et l’homme sont tous le fruit d’une évolution de plusieurs millions d’années. Exit donc, l'"échelle des êtres" avec l'homme tout puissant et les singes primitifs. L’un n’est pas pour autant supérieur à l’autre. Par contre, nous avons avec les chimpanzés un ancêtre commun d’il y a 9 millions d’années, mais cet ancêtre ne ressemblait ni à un homme, ni à un chimpanzé, c’était juste une version bêta des deux.
Ceci dit, je comprend à quel point ça peut être vexant d’être comparé à un singe… l’homme possède un égo démesuré et un orgueil le poussant à croire que la nature doit obligatoirement se plier à son imagination (si je peux pas l’imaginer c’est pas possible), et se croire le centre de l’univers.
Bah, faut le savoir… c’est humain.



- Si la théorie de l’évolution est vraie, pourquoi y’a beaucoup de « trous » dans les phases de l’évolution, et qu’on ne retrouve pas tout les fossiles comme par exemple le fameux chaînon manquant ?


Ah, ah.
Nan, sérieux… Réfléchissez 20 secondes.
La fossilisation est (très très) rare : les cadavres se décomposent très vite, les minéraux n’ont que très très peu de chances de remplacer les parties du corps des cadavres (et presque jamais les parties molles, c’est pour cela qu’on ne retrouve en général que les os ou des carapaces fossilisées), et encore… il faut que le terrain reste relativement à l’abri des changements géologiques. On à autant de chance de se fossiliser que de gagner 2 fois au loto.
Pour retrouver tout les fossiles existants, il faudrait creuser toute la surface de la planète terre sur plusieurs mètres de profondeur. Facile, hein. Et après on s’étonne de ne retrouver que «quelques » fossiles, quelles faignasses ces archéologues.
D’où le « Ah, ah. » du début.



- Certains animaux, comme le coelacanthe ou le requin n’ont pas évolués depuis plusieurs millions d’années. C’est bien la preuve que la théorie de l’évolution est bidon !


Ah oui en effet, argument très intéressant. Sauf que bon, la terre à 6000 ans selon la bible, hein… ;-)
Il faut savoir qu’une lignée est plus ou moins sensible aux mutations selon la configuration de leur patrimoine génétique (chromosomes en doubles = peu sensible aux mutations, par ex), et si par chance l’espèce est déjà bien adaptée au milieu, il n’y a pas de raisons que des mutations soient sélectionnées, puisque n’apportant pas d’avantage décisif à la survie de l’espèce.
De plus, les mutations ne sont pas toujours externes : les organes internes, la chimie du sang, la capacité à digérer certains aliments, bref des tas de choses peuvent évoluer sans forcément être visible de l’extérieur. Oui, on peut muter sans se voir pousser un 3eme bras.
Cela étant, certains animaux intriguent en effet les scientifiques car leur évolution (ou leur manque d’évolution) ne respectent pas vraiment les modèles.
C’est bien ! Ca prouve que la théorie de l’évolution n’est pas encore modélisée à la perfection, des zones d’ombre restent à éclaircir : c’est pour cela qu’on continue à travailler dessus.
C’est beau la science ;)

L'évolution du poisson. Enfin, du poireau. Enfin, heu...



- De nombreuses études ont été faites sur des animaux ou des organes qui ne respectaient pas le modèle de l'évolution. Et pourtant les scientifiques font la sourde oreille.


*soupir*
J'ai arrêté de compter combien de fois les arguments du style "la flagelle ou l'œil sont des organes complexes et complets, ils ne peuvent fonctionner si on leur enlèvent un seul élément, preuve qu'ils ont été crées tels quels par Dieu", et pourtant ils ont été démontés en règle lors du procès de Dover en 2005. Pour info : le plus petit organe du genre "œil" est constitué de 2 cellules (j'avoue la bactérie elle à fait fort, là). Hé wé, tout ceci est faux, mais il est facile de l'affirmer puisque pour démonter ce genre d'argument faut quand même se taper pas mal de recherches... ce que peu de gens sont capables de supporter sans bailler d'ennui.

Et les arguments en faveur du créationnisme?
Ben...

C'est quand même beaucoup plus simple


Carrément.



Aller, promis, pour la prochaine fois je ferais un de mes articles plein de conneries débiles qui font pas bobo la tête ;)
Bien sûr et comme d'hab, je répondrais avec plaisir à vos questions en commentaires.

Merci de m'avoir lu jusqu'ici, et à la prochaine !

P.S: Un fond d'écran de plus ajouté à la gallerie, hop !

17 novembre 2008

Réalité

Lors d’une conversation avec collègue sur les jeux vidéo, je me suis interrogé sur la notion de réalité. Oui, à la Matrix, mais en un peu moins « baffes dans la gueule avec mass effets spéciaux ».
Je précise bien que JE me suis interrogé, parce que le collègue en question à vite décroché, me gratifiant au passage d’un regard vitreux de bovin constipé. (Essayez de vous l’imaginer pour voir, c’est hideux.)

Les jeux vidéo nous coupent de la réalité, paraît-il. J’ai eu aussi la même remarque en expliquant les concepts du Jeu de Rôle à une psychorigide lambda.

Mais qu’est-ce que la réalité ?
Comment définissez-vous la réalité ?

Facile, la réalité c’est se lever, aller aux chiottes, avoir faim, se tirer une balle dans le pied, admirer un joli coucher de soleil, rouler un patin à une fille…
Jusqu’ici personne ne me contredira, pas vrai ?
Mais c’est là que ça deviens drôle : donc, la réalité est exclusivement définie par nos sens. L’odorat, la vue, le goût, le toucher, l’ouïe.
Ca voudrait dire que les infrarouges ou les micro-ondes ne sont pas réels, parceque l’on ne peut pas les percevoir ? Bien sûr que non, la réalité ne s’arrête pas à nos sens, il faut donc élargir la définition de la réalité.



E si la réalité était tout ce qui avait (ou pourrait avoir) une influence physique sur nous ?
Ahhh, ca devient intéressant tout ça, parce qu’il à déjà été montré et démontré l’influence du moral, de l’esprit sur le corps : l’effet placebo en bien, et la dépression en mal.
Donc, notre esprit et toutes ces créations sont bien dans le domaine du réel, puisqu’ils peuvent avoir une influence sur notre corps physique.
E c’est là que je voulais vous emmener : un ami à moi, Grouf, disait sur son blog : je joue trop aux jeux vidéos, je finis par être déconnecté de la réalité.



Je ne pense pas.

Jouer c’est se créer une réalité alternative dans laquelle on est bien, on oublie ces soucis mais surtout…
… ou on est maître de son destin.
Parce que la plupart du temps dans la vie, quand quelque chose vous scandalise vous n’y pouvez rien.
Parce que vous peinez à gagner 4 sous et que votre avis n’a jamais aucune importance.
Alors, oui, quand vous pouvez accéder à une réalité alternative, même moins aboutie que votre réalité de naissance, dans laquelle vous êtes un héro, vivant au jour le jour dans un monde ou souffle le vent brûlant de l’héroïsme et de l’exploit, ça vous plaît.

Et on en redemande.
Il existe des gens qui se contentent de cette réalité mesquine et morne, ou certains autres intellectuels d’élite qui n’ont jamais connus la misère et les rêves brisés qui jonchent notre quotidien, qui se permettent de dire : « Les joueurs sont déconnectés de la réalité ».

Leur réalité, pas la mienne.

Ma réalité à moi est peuplée de monstres, de héros, de pirates, d’exploits, d’action, d’émotions, de franche camaraderie, d’amitié, de Dieux manipulateurs et d’une foule de méchants anonymes et voués à une mort rapide de ma main vengeresse.

Et je ne leur permet pas de douter de ma réalité, qui est ma soupape de sécurité, la bouée de sauvetage de mon imagination et de mes rêves, ce qui fait que dans ce monde inhumain qui sied plus aux robots qu’aux hommes, je reste qui je suis.

Continuez à rêver mes amis, votre réalité est bien plus belle que la leur.
Et elle vous rend bien plus humain.

28 octobre 2008

Hypocrisie

Je sais, vous allez me prendre pour une loque humaine de pas avoir mis a jour mon blog depuis facilement 1 semaine ½, et je pourrais faire genre je suis super occupé de la mort, de toutes les façons ici c’est chez moi.

Mais en fait j’ai vraiment bossé comme un cinglé (même un Dimanche, une expérience que je ne suis pas prêt de renouveler de sitôt). Le point positif est que du coup ca m’a permis de trouver un bon thème pour l’article suivant : l’hypocrisie.



Mais prenons le problème à l’envers. La franchise est une remarquable qualité, il faut en convenir.
C’est quoi la franchise, selon la plupart des gens ? Ben un mec franc c’est quelqu’un qui dit ce qu’il pense (sous-entendu « de vous »), qui parle sans complexe et qui n’a pas peur des conflits qu’il pourrait initier en disant quelque chose de désagréable… mais qu’il pense (sous-entendu « être la vérité »).
Un mec franc, on peut avoir confiance en lui, c’est une valeur sûre, etc.

Aller, assez rigolé, soyons réalistes : en pratique quelqu’un de franc n’a pas beaucoup d’amis, une vie de couple sûrement très mouvementée, et il est au chômage.



Vous imaginez faire une lettre de motivation franche ? (cliquez dessus pour l'agrandir, elle vaut le coup celle-là)

Mes motivations ? Le pognon pardi ! Votre équipe ? Je m’en fous tant qu’elle à la limite du supportable, et si possible tire-au-flanc histoire de pas trop me fouler. L’histoire et la vie de votre société ? Si j’avais pas été obligé de chercher sur Google je m’y serais jamais intéressé. Mes compétences ? Ben a vous de voir, comme si les gens ne mentaient pas dans ce genre d’exercice ! Mes hobbies ? Aller en boîte pour serrer des meufs, les jeux vidéos avec une bière et en caleçon, soirées privées jeux vidéos/parler cul/grillades/se bourrer la gueule avec des potes, mater des films X de temps en temps… normal, quoi.
Alors, je suis pris ?


Faut pas se voiler la face : l’hypocrisie est un mal bien souvent nécessaire, surtout au travail : vous imaginez si tout le monde disait instantanément ce qu’il pense ?

Dialogue classique :

- « Alors Shaede, tu serais dispo pour le super Salon Régional du Troisième Age, ou tu vas avoir la chance de représenter notre boîte ?
- « Ah oui, super événement, incontournable, il serait effectivement judicieux que notre société soit représentée la-bas. Ceci dit, j’ai des dossiers en cours, et j’espérais les traiter au bureau ce jour-là »
- « Ah, c’est vraiment dommage Shaede mais tu sais, c’est vraiment important que tu sois là-bas, je comptais sur toi sur ce coup-là ! Tu peux pas prendre tes récups la semaine prochaine ? »
- « Bon, ok, je sais que ce dossier compte beaucoup pour la société, il est important de s’impliquer… J’en parlerais à mes collègues pour l’organisation »
- « Justement, à propos, puisque j’ai confiance en vous je vous nomme référent sur ce dossier ! Je sais que vous n’allez pas me décevoir, il me faut quelqu’un de sûr sur ce coup »
- « Merci patron, au revoir »
- « Bien ! Et venez me voir pour le compte-rendu après le salon, au revoir. »

En fait, si on enlève toute l’hypocrisie, il reste ceci :

- « Alors monsieur Shaede, vous êtes disponible Jeudi pour aller représenter notre société au Salon Régional des Funérailles et de la Mort ? »
- « Non mais vous rigolez patron, allez à ce truc chiant ou personne ne veux mettre les pieds ? Plutôt rester glander au bureau à être payé à chatter sur msn en faisant semblant de taper des dossiers. »
- « En fait ce n’était pas une question monsieur Shaede, je compte bien user honteusement de mon influence et même de chantage à la baisse de salaire voir au renvoi définitif si vous ne vous soumettez pas à mes caprices débiles »
- « Ah, très bien. Bon ben je vais me contenter de vous maudire tout en cassant du sucre sur vous dans votre dos auprès de tous mes collègues (qui veulent ma place, d’ailleurs) »
- « Bien, vous êtes noté au planning comme référent sur ce dossier, histoire que je puisse me défausser de mes responsabilités sur vous qui n’êtes pas payé pour en avoir »
- « Je vous hais. Au revoir »
- « Je ne vous salue pas non plus, de toutes les façons vous êtes en sursis. Au revoir »
Remarque, ca aurait le mérite de mettre pas mal d’animation au bureau, et de mettre 95% des administrations a feu et a sang (ma tendre épouse à du mal à être hypocrite : moralité elle gueule sur les trois quarts des agents administratifs de la sécu et/ou de la CAF, et a perdu son emploi)



En ce qui concerne la vie de couple, je vous fais pas un dessin… mais imaginez une seule seconde répondre franchement à ces questions de votre tendre moitié :

- « Franchement chéri, que penses-tu de notre couple ? »
- « Alors, on reste amis ? »
- « Tu crois que j’ai grossi ? » Avec sa variante : « Ca se voit que j’ai maigri ? »



Alors oui, l’hypocrisie est un vice à la mode, parfois détestable. M’enfin, pour la survie de la société il faut bien en user avec modération.

Ou pas, ca dépend, si vous voulez détruire la société.

Aller, à la prochaine les gens !

8 octobre 2008

Trous noirs



Salut à tous ! (Oui, j'aime bien m'imaginer qu'il y ai plus de 3 personnes qui me lisent)

Aujourd'hui je vais vous faire subir mon effroyable prose sur les trous noirs, ces objets étranges, mystérieux et tellement phantasmés.

Un trou noir n'est à la base qu'une étoile très massive (plus de 20 fois la masse du soleil) qui, en fin de vie à brûlé presque toutes ses réserves d'hydrogène et d'helium. Comme vous le savez, la force de gravitation est proportionnelle à la masse de l'étoile, et pour un monstre de ce calibre, cette force est gigantesque. Pourquoi elle ne se compresse pas indéfiniement, alors? Tout simplement car la force de gravitation est contrebalancé par une "force de rayonnement", qui maintient l'étoile dans une forme relativement stable. Hé oui, l'intense rayonnement de l'étoile (c'est comme si elle explosait sans fin) pousse comme dans une explosion nucléaire les molécules vers l'exterieur de l'étoile, et la force de gravitation vers l'intérieur, le tout s'équilibrant parfaitement.
Mais une fois que les réserves d'hydrogene sont presque équisées, le rayonnement n'est plus assez fort pour contrebalancer la gravité : le coeur se compresse de plus en plus, devenant beaucoup plus chaud (dans les 600 millions de degrès). Du coup, cette intense chaleur permet à l'étoile de brûler des éléments de plus en plus lourds au fur et à mesure que le coeur se compresse. Paradoxalement, les couches externes de l'étoile se dilatent et elle paraît beaucoup plus grosse : alors que les couches externent sont devenues immenses, le coeur est de plus en plus petit et de plus en plus compressé.
L'étoile est devenue une supergéante.



Le coeur, à chaque compression, brûle des éléments plus plus en plus lourds : carbone, oxygene, néon, magnesium, silicium... jusqu'a ce que le coeur ne soit plus constitué que de Fer-56, le noyau atomique le plus stable de l'univers.
Le noyau de fer ne peux plus produire d'énergie : si la masse de l'étoile est suffisante, la gravité compresse encore l'étoile, mais celle-ci ne peux plus produire de rayonnement pour équilibrer.
Elle continue donc de se compresser, écrasant donc toute la matière de son coeur, transformant tout les atomes en neutrons : elle se transforme en étoile à neutrons.

Au passage, cette derniere compression est tellement violente que l'astre peux passer de plusieurs centaines de milliers de km de rayon à quelques km seulement en quelques secondes : les couches externes de l'étoile s'effondrent mais pas aussi vite, et "rebondissent" en quelque sorte sur le noyau, s'ejectant vers l'espace avec une force inouïe : c'est ce qu'on appelle une supernovae, une étoile qui peut briller autant qu'une galaxie toute entière.



L'étoile à neutron est normalement le stade ultime de compression de la matière : les atomes sont tellement compressés que les noyaux sont libres, l'astre ne mesure que quelques kilomètres de diamètre, et la plus haute montagne ne mesure que quelques millimètres de haut.
Mais, si la masse est suffisante, la matière peut encore continuer à se compresser... et c'est là ou la physique décroche : normalement plus aucune force à ce stade ne peux contrebalancer la gravité, et l'étoile se compresse indéfiniement en ... un point ! La vitesse de libération (vitesse à laquelle quelque chose doit aller pour s'arracher de l'attraction de l'astre, pour info elle est de 11km/s pour la Terre) est égale à la vitesse de la lumière.



Résultat : rien, pas même la lumière, ne peux échapper à l'attraction de ce monstre... et toute matière aspirée s'effondre à son tour dans ce point. Pour aller ou? ben c'est ça le problème : à ce niveau il n'y a plus de concept de "ou", ni même de "quand", d'ailleurs, puisque le temps et l'espace sont liés : l'espace étant déformé à l'extrème, le temps l'est aussi, faisant qu'un infortuné malheureux tombant dans un trou noir verrait le temps ralentir.Son supplice serait immédiat pour lui, mais presque éternel pour des observateur extérieurs (chaque seconde passée pour lui serait dilatée en plusieurs milliers d'années pour les autres).



C'est précisément parcequ'a ce stade la physique galère à expliquer ce qu'il se passe que ces objets sont si interessants.
Quelques petits trucs interessants à savoir :

Nimporte quoi peut devenir un trou noir, pourvu que la matière soit suffisament compressée. Ainsi si on compressait la Terre dans 9mm cube, on obtiendrait un petit trou noir.

Il existe un trou noir au centre de notre galaxie, Sagitarius A, qui serait un trou noir supermassif de plusieurs millions de masses solaires.

Vala ! J'espere que c'est un peu plus clair pour vous... Enfin, si vous avez lu jusqu'ici c'est déja pas mal :p

Aller, au revoir et à la prochaine !

P.S: sur les sages conseil avisés de Grouf, je signale d'ailleurs qu'a propos de trous noir, j'avais déja abordé le sujet du LHC ici. WOot, je m'auto-référence, pub.